Please, turn on your javascript tool
to see this website

Pour que ce site puisse s'afficher,
veuillez activer le javascript (préférences du navigateur)

Val Le Dourner
Art éphémère dans la nature


"Les pierres ne doivent jamais être simplement posées sur le sol. Il faut qu'elles soient toujours quelque peu enfouies. Car la pierre possède une tête, une queue, un dos et son ventre a besoin de la chaude obscurité de la terre...

...Pourquoi sculpter avec un marteau, un ciseau ou une scie? Pourquoi faire souffrir la pierre et mettre son âme au désespoir? L'artiste est un contemplateur. L'artiste sculpte avec son regard...

...Le sculpteur-poète n'est pas un casseur de cailloux. C'est un ramasseur de cailloux..."

Michel Tournier, "Les météores"



Art éphémère dans la nature

Mon inspiration s'éveille dans la nature.

Par la marche je suis amené à découvrir des paysages intacts et sauvages.
Cette progression à ciel ouvert m’amène à un moment donné, à percevoir autrement l’atmosphère d'un lieu, d'être saisi par sa globalité, son horizon, sa lumière, sa beauté.
Cette perception m'ouvre à une sensation immédiate qui comme un déclencheur sera le point d'origine du processus créatif.
Me vient alors une aspiration à réaliser une empreinte éphémère et personnelle au sein même de cette étendue naturelle.
Tout se passe dans l’instant présent de manière intuitive, dans un espace-temps sans projet originel. C'est mû par l’instinct que je me laisse guider dans cette mise en oeuvre.

Ma pratique artistique découle de cette rencontre instantanée entre déambulations, sensations, visions et éléments de la nature.
Une ligne d’horizon focalise mon attention dans le paysage, elle m’apparaît comme un cadre adéquat dont les pierres, l'eau ou la terre en sont le socle et les montagnes, les îles, les nuages et le ciel, la toile de fond.
C’est là que les éléments, naturels ou non, trouvés sur place rentrent en jeu.
Grâce à eux et en fonction du lieu choisi, l'installation éphémère se crée soit par accumulation dans un pur équilibre vertical ou déposé sur un plan horizontal, soit sous forme de tracé, soit dans la combinaison des deux.

Une fois les éléments installés ou les surfaces creusées et avant que le vent ou les marées ne les transforment ou ne les détruisent, intervient alors l’acte photographique qui immortalise dans un cadre resserré ma sensation et ma perception d’origine.

La photographie est pour moi à la fois un outil mais aussi un moyen de conserver en mémoire mes interventions éphémères.
De même que la légende qui l'accompagne, le cliché photographique offre non seulement la première trace visible de cette synergie dans le temps et dans l'espace mais permet aussi d'année en année, de constituer les archives de cette pratique artistique. En effet celle-ci ne s'arrête pas au travail in situ, elle se poursuit et mûrit dans le temps.
Elle se développe en plusieurs étapes : la sélection des clichés, leur archivage, leur impression en tirage unique ou limité qui donne à l'oeuvre sa forme définitive qui peut alors être exposée ou publiée.

Tel un rituel, cet acte intuitif et personnel reste universel et au final ne m’appartient pas, pas plus que les pierres à l’origine éparpillées au sol. Car si certaines traces laissées visibles par l'homme dans la nature se veulent permanentes, les miennes laissées à la merci des éléments sont purement symboliques et témoignent de la nature transcendante et éphémère de toute chose.
 
Tout est du domaine du passager, du mouvement perpétuel de la vie.

Val Le Dourner


©2006-2013 Val Le Dourner - Site réalisé par Julien